Il existe un type de travail spécial dans ce monde qui maintient le fonctionnement normal de la société humaine, mais les travailleurs sont considérés comme "sans emploi" sur le marché, et ne sont pas récompensés, évalués ou remerciés. Ce travail est appelé travail domestique, et la plupart des personnes qui l'exercent sont des femmes dans la famille.
Dans ce livre, Chizuko Ueno revient au point de départ de son parcours féministe : l'étude des femmes au foyer.
Elle raconte comment elle a commencé à étudier la féminité, en découvrant la situation généralisée des femmes au foyer effectuant un travail domestique non rémunéré dans le mariage malheureux de sa mère. La "théorie du travail non rémunéré" qui a influencé le monde universitaire japonais est née de cela.
Elle part de la sous-évaluation et du manque de rémunération du travail domestique des femmes comme point d'entrée, révélant progressivement les maux sociaux de l'exploitation continue et de l'invisibilité à long terme de la valeur du travail des femmes. Sur cette base, elle intègre la question du genre dans une structure de pouvoir plus large, partant de l'idéal social de "vivre en sécurité même pour les plus faibles", elle retrace systématiquement son parcours de recherche de "l'étude des femmes au foyer" à "l'étude des soins", expliquant sa théorie du travail non rémunéré sous l'angle du féminisme marxiste, sa réflexion sur les difficultés des femmes au bas de l'échelle du marché du travail, sa conception d'une société de protection sociale multiple "gouvernementale, civile, coopérative et privée", ainsi que la pratique philosophique des soins dans la société japonaise vieillissante. Elle déconstruit avec brio la structure d'oppression féminine inhérente à la société moderne, et propose des points de vue tranchants et clairs :
Cessez l'exploitation au nom de l'amour. Les femmes au foyer ne sont pas des "travailleuses domestiques" gratuites, ce sont des travailleuses sociales qui méritent respect, reconnaissance et rémunération.